En République démocratique du Congo, dans les régions du Nord et du Sud Kivu, le corps des femmes est devenu un champ de bataille. Les groupes armés ciblent leur système génital, les soldats détruisent leurs corps. Le viol est utilisé comme arme de guerre. Un véritable génocide est en place sans qu'aucun gouvernement n'y mette un therme.
Les soldats terrorisent et poussent la population à fuir. Ils s'approprient alors leurs terres riches en minerais (or, diamants, cobalt et coltan). Ces 2 derniers minerais étant indispensables à la production d’appareil électroniques (surtout des téléphones portables).
Le Docteur Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 oeuvre au bien. Il répare le système génital détruit des femmes à l’hôpital de Panzi.


Avec l'aide de Médecins du monde, j’ai passé 15 jours à l’hôpital de Panzi début septembre 2019 pour témoigner de ce que traversent les survivantes des viols et violences sexuelles. J’ai dormi avec elles dans la maison « de Transit » qui les accueillent le soir, après les soins journaliers.
Elles témoignent ici ou je raconte leurs histoires à travers des extraits de journal intime.
« Mon nom est Bernadette , je viens de Mboko et je suis mère de Sept enfants. Je suis venue à l’hôpital de Panzi pour me faire soigner car j’ai des douleurs abdominales et des saignements. Je travaillais dans mon champs lorsque 3 hommes m’ont surprise. Les trois m’ont violé. Je n’ai pas pu les identifier. »
« Je répond au nom de Mado. J’ai 25 ans et je suis native de Kalehe. Je suis allée acheter des haricots au marché afin de les revendre dans mon quartier. Sur le chemin j’ai croisé deux hommes. Ils étaient tous les deux vêtus de tenus militaires et étaient en possession d’armes. Ils m’ont prise en otage et ils m’ont violé. Je n’ai pas pu les identifier. Leur vêtement étaient usagés, ils ne portaient pas la tenue de nos militaires nationaux. Après avoir été victime de cet acte, je suis retournée chez moi. J’ai expliqué tout ce qui m’était arrivé à mon mari. Il m’a compris. On m’a alors orienté vers une structure sanitaire. On a pas pu me prendre en charge la bas. On m’a donc directement orienté à l’hôpital de Panzi ou j’ai reçu tous les soins médicaux nécessaire. Cela fait maintenant deux semaines que je suis ici. Je vais bientôt pouvoir retourner dans ma famille car on m'a déjà accordé la sortie médical. J’attends la dernière validation du psychologue. Je vais bientôt retourner dans mon village et  me réadapter. Je remercie le Bondieu car bien que j’ai été victime de violence sexuelle, mon mari m’attend toujours dans mon foyer et il est prêt à me venir en aide. »

Bien souvent les femmes victimes de viol sont rejeté par leur mari et leur famille. Elles sont alors mises à l’écart de la société.
Extrait de journal intime :
Une femme rejoint le groupe des survivantes de violences sexuelles. C’est son 1er jour. Elle porte une chemise blanche et ses cheveux sont tressés au dessus de son visage. Elle se met à l’écart. Nous participons à une classe de sensibilisation. Elle me la traduit du swahili au français. Elle a de l’éducation, et se différencie des autres victimes autour d’elle qui sont plus souvent des villageoises.
Enfin je peux lui parler! « Irene comment vas tu? » Elle est surprise que je connaisse son prénom. Cela fait 8 jours que j’attendais de te revoir, que tu reprennes ta force, ton courage. Je connais ton prénom car je t’ai vu arrivé le 1er jours de mon arrivé à Panzi. Tu étais dans un fauteuil roulant sur lequel tu ne pouvais pas t’asseoir. Tes bras tombaient lourdement, tes cheveux aussi suivaient ce mouvement, mais ils soulignaient la beauté de tes traits malgré ton anéantissement. Ton regard s’étendait dans le vide. Lorsque l’on t’a étendu sur le lit, tu ne bougeais plus. Les mamans sont venues te soutenir, te forcer à manger, lorsque ta cicatrice à la gorge torturait chacune de tes bouchés. Il fallait cependant que tu manges pour pouvoir ensuite avaler tous les médicaments et suivre les soins de 1er secour qui t’empêcherait une contamination, le VIH entre autre… Une larme a coulé sur ta joue noire, une rivière de souffrance. Chaque jour, je suis venue voir dans le grand dortoir post opératoire,  si tu étais la, si tu revenais à la vie. Je ne t’ai pas trouvé Irène. Mais quand tu es arrivé dans le réfectoire, je n’ai vu que toi. Ta chevelure rehaussait ta beauté. Tu t’es mises à l’écart et j’ai enfin pu te parler. Irène tu m’as rapidement demander de t’acheter un Téléphone portable. Ce téléphone qui est une des causes de la souffrance infligée à ton pays. Je ne peux pas. Bien que je vienne de France et te semble bien fortunée, c’est un leurre mais tu ne le comprends pas.

Je te remercie d’avoir accepter de réaliser ce portrait avec moi. C’est ta Force que j’ai voulu montrer, ton courage, ta résilience. Ton histoire tu l’emporteras avec toi avec la pudeur qui te caractérise. Mais ton histoire est celle de ta région. Elle se devine malheureusement.
Un des résultats des viols comme arme de guerre est la banalisation de l’acte qui devient alors une violence domestique.

Extrait de journal intime :
Christina je t’ai rencontré au même moment que le Docteur Mukwege. Tu sortais du bloc opératoire.
Tes jambes tombaient lourdement de ton corps inerte qui était transporté dans les bras d’un homme en blouse verte. Ta maman était dévastée. Elle nous a raconté que tu étais tombé sur un fer à Béton. Le docteur a diagnostiqué qu’il n’y avait aucune lésion ni trace du fer à béton sur tes cuisses. Seul ton vagin est complètement détruit. Les 1ers jours de ta convalescence à l’hôpital tu ne parlais jamais. Maintenant tu ries, tu joues tu passes de bras en bras. Seul le moment de la douche t’effraie, ce moment d’hygiène qui réveille tes blessures.

Les membres des groupes armés pensent que violer une vierge porte bonheur et apporte des forces particulières.
Les familles cachent les viols (même au corps médical) par peur d’être rejeté et stigmatisé par la communauté.
Christina a 3 ans.

Mado, petite fille issue du viol, sa maman Mwajuma raconte :
« Je m’appelle Mwajuma. J’ai 15 ans et je suis native de Shabunda. A proximité de mon village se trouve un camp de militaire. Je me trouvais à la maison lorsque un militaire est venu nous attaquer. Il m’a bandé les yeux et la bouche pour que je ne crie pas et m’a violé. Après avoir été victime de cette violence, on m’a amené à l’hôpital ou on a constaté que j’étais enceinte. On m a donc orienté vers Panzi. La, J’ai été bien accueilli. J’ai reçu des soins. Par chance, nous avons constaté que je ne suis pas atteinte du VIH. Ils ont suivi toute ma grossesse jusqu’à ce que je mette au monde mon petit enfant qui s’appelle Mado Anhitan. J’adore mon enfant bien que j’ai conscience  qu’elle na pas été conçu dans une voix normal. Je vie à Panzi depuis maintenant 2 ans. On m’a accordé la sortie médical, mais j ai peur de retourner dans mon milieu car les militaires y sont toujours présent. Je ne peux pas rentrer chez mon père car ma marâtre ne s’occuperait pas de moi.  Ma mère ne peut pas m’accueillir,  car elle aussi s’est remariée. Bientôt, j’irais vivre chez ma tante et mettrait en pratique la vannerie que j ai appris ici à l’hôpital.»

L’enfant issu du viol est appelé l’enfant du serpent.
Bien souvent ces enfants sont rejetés par la communautés comme leur mère d’ailleurs. C’est une double peine.
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